Bilan du 1er rdv psy

Hier, pour la première fois, j’ai consulté un psychiatre. J’avais vu la psychologue de la pma il y a quelques temps mais je n’avais finalement jamais abordé la question de mon couple (en même temps, il allait beaucoup mieux que maintenant).

J’ai du mal à dresser le bilan de ce rendez-vous car j’ai l’impression de ne pas avoir dit assez de choses et je reste un peu sur ma faim. Le psychiatre a parlé quand même assez longuement (je m’attendais à avoir moins de retour sur ce que je dirai) et j’ai du mal à retrouver quels propos il m’a tenu et à quel moment… Il me semble pourtant important d’en garder une trace qui va aussi me permettre de réfléchir à ce que je dirai lors de la prochaine séance.

Le psy que j’ai vu est très sympa, jeune (enfin, mon âge !) et très à l’écoute. J’ai une bonne impression (j’avais peur de ressortir déçue, ce n’est pas le cas) mais j’ai des doutes sur certaines choses quand même : il m’a redonné un rendez-vous dans un mois, je trouve ça super long (j’aurai dû lui dire que ça me semblait loin mais sur le coup, j’ai juste noté le rdv) Et j’ai l’impression qu’il n’a pas cherché à creuser ce que je lui disais, tout est resté très superficiel (mais c’est peut-être parce que c’était une séance de diagnostique et non une séance de psychothérapie)

Au cours de cette séance donc, j’ai parlé de ce que je subissais. Et que de ça d’ailleurs. Je lui ai décrit de façon rapide le comportement de mon compagnon, il a presque immédiatement dit que c’était de la violence psychologique d’ailleurs. Ce qui bien sûr me conforte dans mes impressions. Il m’a aussi dit que j’étais quelqu’un de discret et que j’avais laissé mon compagnon prendre trop de place dans notre relation : je l’ai laissé tout diriger. Il va falloir que je regagne du terrain, que notre relation soit de nouveau un partage à 50-50 de nos libertés. Je lui ai alors répondu que justement, je m’en sentais incapable ! Il a bien compris que j’aime encore mon compagnon mais que je ne supporte plus la façon dont il me parle bien trop souvent.

Il me propose une thérapie de soutien pour surmonter cette épreuve et reprendre le contrôle. En plus de cette thérapie, il m’a prescrit du Zoloft (antidépresseur, compatible avec l’allaitement) pour m’aider à être moins anxieuse.

C’est à peu près tout ce qu’on s’est dit. Je ne lui ai pas parlé de mon enfance (le fait que j’ai été harcelé à l’école primaire me paraît important, je n’ai pas eu l’occasion de le dire. Je viens d’ailleurs de me rappeler qu’il m’a questionné sur les conflits entre mes parents (inexistants en fait) mais que je n’ai pas à ce moment là pensé à lui parler de ça) ; je n’ai pas tout expliqué sur les rapports avec mon compagnon (je ne lui ai pas dit qu’il faisait tout pour m’éloigner de mes amis et de ma famille). J’ai vraiment beaucoup de choses à dire et, malgré des silences parfois pendant la consultation, je n’ai rien dis de tout cela. Je m’en veux un peu. J’essaierai de faire mieux la prochaine fois.

En ce moment, la vie est plutôt détendue chez nous car monsieur va bien. Je croise les doigts pour que ça continue encore un moment…

[suite un peu MILK, vous pouvez zapper :

pour celles que ça intéresse, anecdote allaitement long : le psy veut me prescrire un anxiolytique. Je lui réponds que j’allaite. Il marque un pause puis me dit :  » votre fille qui a 2 ans et demi ? » (j’ai failli lui répondre « non, le bébé du voisin ! »). Puis il me dit que je suis une maman poule, comme lui est un papa poule. Sa fille a 2 ans. La maman est médecin et c’est aussi une maman poule mais elle a une amie pédiatre et elle SAIT que le lait maternelle n’a plus de valeur nutritive après les 6 premiers mois et que ça ne sert donc à rien de continuer à allaiter. Je n’ai rien dit il me semble mais à voir ma tête, il a rajouté qu’il savait qu’il existait d’autres études avec des résultats différents. Non, mais c’est quoi ces idées pourries sur l’allaitement…]

 

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Réflexions #1

Comme je l’avais annoncé, je me rends compte que j’ai besoin d’écrire, de ne pas relâcher la réflexion pour comprendre ce qui se passe dans mon couple.

J’ai passé pas mal de temps à naviguer sur internet à la recherche d’une information qui me semblait capitale : comprendre de quel mal est atteint mon compagnon. J’ai creusé du côté des pervers narcissiques (le phénomène de « mode » autour de cette personnalité me gène un peu – ils ne représentent que 1 à 2% de la population – mais il était pour moi important de me pencher sur cette pathologie). Finalement, j’y retrouve des traits de mon compagnon, un peu trop pour ne pas m’inquiéter mais certaines attitudes de mon mec me font espérer qu’il n’en soit pas un. Ou peut-être que je souhaite tellement qu’il n’en soit pas un que je ne réponds pas correctement aux tests ? J’ai ensuite été voir les troubles bipolaires, finalement, ça ne colle pas. Et puis, depuis quelques temps, j’essaie d’inverser mon mode de pensée : en effet, ce qui compte c’est que je ne sois pas bien dans cette relation et qu’il faut, pour ma santé mentale, qu’elle change. C’est un besoin réel, indéniable.

Je continue pourtant à me retourner le cerveau, examinant chaque reproche, chaque humiliation sous un autre angle. Je veux toujours voir ce qui de mon côté à pu amener à une relation pareille, à trouver ma part de responsabilité. Ce n’est pas pour me blâmer injustement moi plutôt que lui mais c’est un espoir (désespéré ?) de sauver notre relation : si je change, peut être que lui changera aussi ? Peut être que nous pourrons continuer à avancer ensemble ?

La vérité, c’est que je suis encore amoureuse de lui. Que je tiens aussi par dessous tout au modèle familiale dont j’ai si longtemps rêvé. A la maison dans laquelle on a tant investi en temps, en argent aussi, qu’on a fait belle pour y voir grandir notre famille. Renoncer à tout ça me déchire le cœur. Et puis, il faut comprendre que ce n’est pas tous les jours l’enfer ! Il y a des périodes bénites où tout se passe tellement bien, où il est doux, attentionné, où on s’amuse tous les trois. Je vis une de ces périodes en ce moment et c’est tellement agréable que j’ai envie de croire qu’elle durera toujours. Pourtant, au fond de moi, je sais qu’il y a un problème, quelque chose de plus grave que je ne saisis pas vraiment mais qui reviendra perturber notre tranquillité, ternir nos matins, faire de nos journées des épreuves. Je redoute son retour. Je sais comment ça se passera mais je ne peux anticiper le moment : un jour, je vais revenir du collège ou bien des courses et rien qu’en croisant son regard je saurai que la tête-des-mauvais-jours est revenue. Que la moindre erreur de ma part me coûtera un reproche amer. Que les humiliations (« avec toi, c’est toujours le bordel, tu n’es jamais capable de penser à quoi que ce soit ») seront de retour.

Moineau m’a conseillé un très beau texte qui parle très bien de ce que vit une victime de violences conjugales, de l’incompréhension qui naît autour d’elle : lien . Je vous conseille cette lecture qui m’a fait réfléchir. Comme dans le texte, je vis sûrement avec un éléphant mais je ne suis pas certaine de tout à fait bien le voir. J’en prends tout juste conscience mais c’est je crois la réalité la plus difficile que j’ai eu à affronter jusqu’alors.

Je vois le psy jeudi. Je l’attends comme on attend un sauveur, rien que ça ! J’espère qu’il me donnera des conseils pour réagir quand j’affronte la tête-des-mauvais-jours. Et qu’il m’aidera aussi à comprendre quel mal j’affronte. Je sais que ce n’est pas forcément la direction à suivre (en effet, j’ai aussi un travail de fond à faire : mon problème pour gérer les conflits est peut-être (sûrement ?) aussi à prendre en compte pour comprendre ce qui se passe dans mon couple) mais pour le moment, mon premier objectif est d’y voir plus clair. Et de préserver ma fille aussi, bien sûr.

Je viendrai vous raconter la séance de jeudi. J’espère que ce psy sera bien, que je n’aurai pas à changer et perdre encore de précieuses semaines à trouver le bon psy.

A très bientôt, et encore merci à vous, les blogocpos pour votre soutien précieux. Prenez soin de vous !

2019, bienvenue !

A toi, lectrice, je te souhaite une bonne année 2019. Je ne suis pas très à l’aise pour formuler de bons vœux, en premier lieu parce qu’avec la pma, j’ai compris combien c’était vain de souhaiter le meilleur. On s’est embrassés sous du gui, on a fait tous les trucs bizarres auxquels je refusais de croire (jusqu’à boire de l’eau de Notre dame de l’Épine qui était sensé rendre très fertile – hum-hum !). Bref, les vœux, ça n’aide que ceux qui y croient !

Malgré tout, je vous souhaite quelque chose de simple : trouver dans chaque journée, une petite joie qui ensoleille un peu les moments plus difficiles.

Et de mon côté, pour une fois, cette année, je vais prendre une résolution, une seule qui m’occupera déjà bien assez : essayer d’être moi. Ça semble banal ou bizarre écrit comme ça mais je me rends compte que je ne sais même plus ce que je désire, moi, ce que j’aime, ce qui me rend heureuse.

S’il y a une chose dont je suis sûre par contre, c’est combien écrire ici mes difficultés a été salvateur, combien vous m’avez par vos mots aidé à aller de l’avant. C’est un peu grâce à toi derrière ton écran que j’ai pu passé un « avant-Noël » avec ma famille. Et pour ça, je te remercie du fond du coeur. Dire que cet « avant-Noël » était chouette est un euphémisme. C’était merveilleux d’être avec ceux que j’aime à cette période de ma vie. C’était court (du 22 après midi au matin du 24) mais intense en joie, en sentiments, en rire. Je me suis sentie revivre pendant ces deux jours.

Je reviens très vite avec un article moins joyeux pour parler de la suite de mes réflexions. Si l’année 2018 a été celle de la révélation sur ma relation toxique, j’aimerai que 2019 soit l’année du neuf : repartir sur de bonnes bases, me reconstruire. Je reviendrai d’ailleurs aussi raconter mes séances chez le psy, j’en attends beaucoup, j’ai besoin de comprendre, d’analyser cette situation pour enfin décider.

A très vite, prenez soin de vous !

Des pensées

En ce jour de Noël, je pense fort à toutes les personnes qui souffrent. Qui de l’absence de l’Enfant, de la maladie, d’une perte douloureuse, d’une situation difficile : en ces temps de bonheur affiché, proclamé, quasi obligatoire, souffrir est encore plus pesant. Alors, toi, derrière ton écran, sache que tu n’es pas seul(e) à ne pas sourire intérieurement et à te sentir si esseulé(e) au milieu de toute cette effusion de bonheur.

Je te souhaite que ces moments qui font rejaillir l’amertume de ta situation se passe le plus doucement possible, avec la tendresse des personnes chers.

P.S : je reviens vite vous donner des nouvelles de ce Noël fêté avant la date avec ma famille puis tous les 3 chez nous !

 

La discussion

Ce week-end, j’ai reçu beaucoup de commentaires qui m’ont vraiment aidé à avancer. À mettre au clair mes arguments, à confirmer que j’étais bien dans mon droit, à me préparer au mieux à l’affrontement.

Merci à chacune d’entre vous pour vos mains tendues auxquelles je me suis raccrochée pour enfin, oser lui parler.

Dimanche soir, après une journée d’hésitation, d’attente du bon moment, de peur démesurée, je me suis lancée. J’ai essayé de prendre un ton posé et décidé, de ne pas parler trop vite et d’expliquer calmement cette histoire banale d’invitation pour Noël. Il a dans un premier temps balayé cette proposition : « tu n’as qu’à dire qu’on ira plus tard, pendant les vacances de février par exemple. » Mais j’ai refusé, non, toute ma famille est là, c’est Noël, je n’ai pas vu certains d’entre eux depuis 2 ans… et il m’a alors proposé d’y aller seule avec ma petite costaude et de rentrer le 24 pour passer Noël avec lui. En me demandant même si ça ne me dérangeait pas qu’il ne vienne pas…

J’avoue que même si ça sera express, que je ne serai pas avec ma famille le 24 au soir, je trouve que c’est une grande victoire ! Je m’attendais à une explosion de colère, à quelque chose de violent et finalement, j’ai eu une discussion quasi normale avec lui… j’en reste abasourdie, je me suis après coup demandé si je n’avais pas juste imaginé qu’il puisse mal réagir mais je sais bien que non, il m’a déjà empêchée de voir mes parents en ayant une réaction très violente…

Un peu plus tôt ce week end, notre petite costaude a piqué une colère pour une sombre histoire de chaussons que je devais lui mettre moi et pas son papa. Elle est habituellement calme et ne fais que très peu de colères. Après cette crise, mon compagnon m’a dit que sa fille l’avait déçu. Je n’en revenais pas de la gravité de ses mots. Pour une petite colère, il l’a soudainement considérée comme impulsive et a estimé que ça lui nuierai plus tard. J’avoue que j’ai bataillé pour lui montrer l’incohérence de son raisonnement (tous les enfants font des colères, tous les adultes ne sont pas des colériques!) Et il m’a avouer avoir reconnu son caractère explosif : il dit ne pas réussir à contrôler sa colère pour quelque chose qui lui paraîtra insignifiant quelques temps plus tard. J’espère que c’est le début d’une prise de conscience…

Je mise maintenant beaucoup sur mon rendez vous avec le psy le 10 janvier. J’espère réussir à changer parce que j’ai moi aussi des choses à régler et je ne sais pas réagir quand il me fait des remarques blessantes ou qu’il dit des choses que je ne peux pas accepter. Je laisse trop souvent passer au point de ne plus avoir d’estime pour moi et de ne plus pouvoir réagir.

Grâce à vous, à votre soutien, à vos conseils, le changement a commencé. Et je ne sais comment vous remercier car déjà, un poids s’est ôté de ma poitrine.

La suite…

Je n’en reviens pas du miracle de la blogo ! J’ai posté un article dont j’avais un peu honte, qui montrait une partie de ma vie que j’ai longtemps préféré taire et qui me dévoilait bien trop. J’avais honte de me livrer ainsi mais à la fois confiance en vous pour l’accueil de cet article. Et vos nombreux commentaires bienveillants m’ont montré combien j’avais été bien inspirée d’écrire. Mettre les mots sur l’écran, c’est déjà poser les choses et ça fait un peu de bien. Mais chacun de vos mots m’ont par la suite tellement aidé ! Merci à chacune d’entre vous.

Ce qui m’aide le plus, c’est de lire et relire que ce que je vis n’est pas normal. Parce qu’on oublie vite comment c’est la vie normale et c’est si confortable de penser que c’est juste moi qui suis trop susceptible ou qui ne sais pas communiquer… parce que regarder ce qui se passe et reconnaître la pathologie de cette relation me fait mal et peur à la fois.

Grâce à vos commentaires, j’ai mis un pied dans l’action : je suis allée voir mon médecin samedi dernier et il m’a écrit une lettre pour voir un psychiatre. J’ai rendez vous le 10 janvier… une éternité pour moi mais je n’avais même pas envisagé consulter avant vos commentaires alors c’est un grand pas en avant.

En ce moment, mon compagnon est dans une phase plutôt sympa. Pourtant… Pourtant, je suis de mon côté complètement bloquée : il m’est impossible de lui parler.

Depuis des semaines, je dois lui parler de Noël : ma soeur nous invite avec toute ma famille. Le problème c’est qu’il déteste la famille en général (il a un passé lourd, enfance très difficile) et ne veut surtout pas « se taper ma famille à Noël. » Lui, il veut faire Noël tous les 3, à la maison. Je le sais depuis toujours. Sauf que je n’ai pas vu ma soeur depuis 1 an, mes frères depuis 2 ans et c’est pareil pour mes neveux et nièces. Tout cela fait que j’ai très très envie d’y aller. Je me suis arrangée avec ma soeur, on (ou je si lui ne vient pas, je ne souhaite surtout pas imposer) pourrait arriver le 23 et repartir le 24 au matin. Ce qui fait que son souhait de passer Noël tous les 3 serait préservé. Et que je pourrais aussi voir ma famille. Sauf que pour cela, il faut que je lui parle ! C’est là que je bloque. Rien ne sort. Je tourne et retourne le dialogue dans ma tête mais impossible de passer à l’action. Ça me terrorise. J’ai pensé à tout ce qu’il pourrait me rétorquer pour m’empêcher d’y aller :

– faire une tel voyage (Paris-Nantes) sur 2 jours avec une petite fille, ce n’est pas raisonnable, elle ne va pas en profiter, elle sera fatiguée et elle va pleurer dans la voiture.

– partir juste avant Noël va nous empêcher de préparer le repas du 24 correctement et de profiter de l’ambiance avant les fêtes.

– je fais passer ma famille en priorité alors que maintenant, on a un bébé et on ne l’a pas fait pour les autres (argument que j’ai déjà entendu à plusieurs reprises pour m’empêcher de voir mes parents)

Si j’écris tout ça, c’est pour espérer que enfin, j’ai le courage de lui parler. En relisant cet article ou en lisant vos commentaires qui m’aident tant, peut être que je vais réussir à lui parler.

C’est fou comme des détails qui paraissent insignifiant peuvent bloquer. Juste lui parler est devenu si compliqué. J’en ai, il me semble, une part de responsabilité puisque je suis on pourrait dire physiquement bloquée. Et pourtant, je sais que si je n’y arrive pas, c’est aussi parce qu’il a rendu le dialogue impossible. Il m’a par le passé tant de fois imposé son avis, en fermant la discussion et en ne me parlant plus pendant de longues journées comme pour me punir d’avoir eu l’idée de lui demander une chose aussi insensée que d’aller rendre visite à mes parents (que je n’avais pas vu depuis 6 mois au moment de ma demande…)

Et j’ai tant besoin de voir des gens qui m’aiment en ce moment, j’ai tellement envie de voir ma famille qui me manque tant… parfois, les arguments qu’il m’oppose (ici, uniquement imaginaires puisque justement je n’ai pas encore parlé) peuvent même me sembler rationnels et recevables. Après tout, j’ai ma petite costaude et passer Noël avec elle doit me combler de joie. Pourquoi en demander davantage ? Peut être que de voir ma famille a Noël n’est pas non plus une si bonne idée. Mais la famille est grande et on ne se réunit qu’un Noël sur deux, si je loupe celui là, il faut que j’attende encore deux ans pour revoir certains frères, neveux et nièces.

Comme vous le voyez, c’est le bazar dans ma tête. Je n’arrive plus à faire le tri, à savoir ce qui est juste ou pas et je suis épuisée par tout ce qui tourne e boucle sans me laisser de répit…

Vous raconter ma vie [attention article très long mais non MILK]

Je ne sais plus par quel bout commencer. A force d’écrire de façon si décousue, de vous soutenir aussi en pointiller malheureusement, je ne trouve plus comment raconter.

Il y a peu de temps, je pensais aux années écoulées en ces termes : cet événement c’est passé pendant que j’étais enceinte, celui-ci quand Petite Costaude était toute petite, cet autre quand elle n’était qu’un rêve – c’était sa période de pré-existence. J’ai alors pensé avec émotion à tous les petits bébés de pré-existence de la blogo. Certains de ces petits-êtres sont devenus de jolis bébés ou sont en cours de fabrication, d’autres resteront malheureusement à l’état de rêve mais seront toujours présents dans le cœur de leurs parents. C’est aussi pour ça que cet espace est important, il compose l’histoire de ces petits êtres, nos histoires.

J’en reviens au sujet du jour : je viens pourtant pour me raconter. Je ne sais pas qui lira cet article jusqu’au bout et je félicite par avance celles (et ceux ?) qui arriveront à la fin. J’ai besoin d’écrire pour mettre mes émotions au clair et pour vos éventuels retours qui me font toujours beaucoup de bien.

Mon couple va mal, très mal. Nous sommes en pleine tempête. Dans le vent fort, je pers des morceaux de moi-même et j’en retrouve aussi qui passent sous mes yeux, restés suspendus dans le vent depuis les tempêtes de mon enfance. J’essaie de reconstruire le puzzle de ces années lointaines pour mieux comprendre le présent. J’ai besoin de l’écrire ici pour y voir plus clair.

J’ai commencé ma vie clandestinement : je suis un bébé non désiré, un accident de contraception. Ceci restera d’ailleurs le plus gros paradoxe de ma vie, quel comble pour une infertile ! Mise à part l’ironie de la situation, je ne pense pas que je sois si marquée que ça par cette arrivée. Ma mère a été ravie de découvrir sa grossesse, mon père non mais il m’a bien accueillie quand même.

Le premier gros problème de mon enfance a été à mon arrivée en CE1. J’avais changé d’école parce qu’une maîtresse particulièrement malveillante sévissait dans le CE1 de mon école de secteur, mes parents avaient eu peur que je sois malmenée. S’ils avaient su ! J’ai toujours été timide et facilement impressionnable. La maîtresse de ma nouvelle école me mettait mal à l’aise et j’avais toujours peur de me faire disputer quand j’allais lui rendre un travail. Un jour, visiblement excédée par la façon dont je m’y prenais, elle m’a imité marcher quand je devais lui présenter mon cahier. Tous les élèves de la classe ont ris. Tous sauf moi, bien sûr. A la suite de ça, les moqueries ont commencées. Pas juste quelques moqueries de la part de quelques élèves, non, tous les élèves de la classe s’y sont mis. Au début, ils refaisaient l’imitation de la maîtresse, en riant entre eux et en me regardant. Puis, ils ont changé de sujet : ils se moquaient de mes vêtements, de mes lunettes, de la façon dont je m’asseyais seule dans la cours. Les rares fois où, me sentant vraiment trop seule, j’essayais d’aller trouver quelqu’un avec qui jouer, ils se moquait de ce que je disais, de mes idées de jeu. Dans la cour de l’école, les récrés se faisaient par créneaux horaire de classe : je ne pouvais pas aller trouver des élèves d’autres classes. Tous les ans j’étais dans la même classe, j’ai vécu des années en enfer. Les moqueries -le harcèlement en fait- ont duré toute l’école primaire, avec un petit mieux en CM2 grâce à l’arrivée d’une élève avec qui j’ai enfin sympathisé et qui m’a aidé face aux autres.

Je me souviens comme si c’était hier d’un midi quelques mois après la rentrée de CE1 , j’avais 7 ans. Nous étions à table, à la fin du repas et je devais repartir à l’école. J’ai pleuré et expliqué avec mes mots d’enfant les moqueries incessantes, mon mal-être. Mon père m’a répliqué que de toutes façons, je n’avais jamais su me défendre. Ma mère m’a dit qu’elle souffrait de me voir pleurer, qu’il fallait que j’arrête d’être malheureuse. Elle a quand même demandé un rendez-vous avec la directrice pendant lequel celle-ci lui a dit que c’était des histoires de cours de récré et qu’elle ne se mêlait pas de ça.

Je n’en ai plus parlé à la maison. Je ne voulais pas faire pleurer ma maman que j’aimais tant et j’avais peur des réponses de mon père. Je pense que celles-ci accentuaient l’image déplorable que j’avais de moi.

Dans ma mémoire ainsi, il y a plusieurs « moi ». Un bébé et une petite fille « normale » jusqu’au CP. Ensuite, pendant toute la période de l’école primaire, je me vois comme une pauvre fille, idiote et mal habillée, qui ne savait même pas défendre son propre intérêt, trop faible pour ne pas laisser les autres l’écraser. Finalement, elle les méritait ces moqueries cette fille. Une minable. Inintéressante. Et qui saoule les gens avec ces états d’âme. Au collège, je suis redevenue une fille digne d’intérêt. Après la primaire, je n’ai plus subi de moquerie et me suis plutôt bien intégrée à mes classes.

Pourtant, ce que je vis actuellement est la réplique de ce que j’ai vécu pendant ces années terribles. Mon compagnon me parle mal – très mal. Il me reproche tout et n’importe quoi, le sel que j’ai reposé au mauvais endroit, les cotons que je n’ai pas correctement mis pour changer Petite Costaude, le plat qui est trop ou pas assez assaisonné. C’est cinglant, déstabilisant par ce que ça arrive quand je m’y attends le moins. Parfois, il y a des périodes de tension perpétuelle où je ne peux rien faire sans que ça me soit reprochée. Puis, des périodes plus calmes pendant lesquelles il est adorable. Il prépare de bons plats, il nous fait rire, nous prévoit des soirées sympas. Puis le cycle recommence. Je me sens exactement comme il y a bien longtemps, incapable de me défendre dans les mauvais moments. Je retrouve la petite fille que j’étais, complètement bloquée face à ces attaques. Plus je me bloque, pire c’est, comme s’il sentait la faille et s’y engouffrait.

Je ne sais comment me sortir de cette situation. Aller voir un thérapeute de couple serait l’idéal mais pour lui, il n’y a pas de problème donc ce n’est pas envisageable d’y aller. Il méprise aussi les femmes qui suivent une psychothérapie… Autant dire que j’ai même peur de lui avouer avoir envie de consulter, je subis déjà tellement de mépris au quotidien, je ne supporte pas l’idée de m’en rajouter. Pourtant, j’en ai tellement besoin…

Le quitter serait la seule solution ? Et ma Petite Costaude ? Après l’avoir si longtemps attendue, je n’arrive pas à me résoudre à la séparer de son papa. A ne plus la voir une semaine sur deux dans le pire des cas. Vendre la maison, refaire ma vie avec et sans elle, ça me paraît insurmontable. Que c’est dur !

J’arrête ici cet article déjà bien trop long. J’hésite encore à le publier, tellement c’est intime et tellement reconnaître ce genre de choses publiquement est difficile. Pourtant, je ressens un besoin tellement fort de conseils que j’ai bien envie d’être lue. Avec vous, mes copinautes, je sais qu’il n’y a pas de jugement.

 

Septembre, déjà…

Le temps file bien trop vite, je voulais vous donner des nouvelles des suites de l’opération (et du cafard monstre qui a suivi) et de ma vessie capricieuse mais les jours puis semaines ont défilés. Vos messages et votre soutien m’ont grandement aidés à surmonter ce passage à vide et maintenant que la rentrée est passée, je viens vous raconter la suite. 

Mi-août, ma vessie et moi sommes partis en vacances. On a quand même embarqué mon Amoureux et ma petite Costaude. Nous avons réussis à nous ressourcer alors qu’aucune vacance n’était prévue au départ. Ça nous a fait beaucoup de bien à tous les trois, même si tout n’a pas été simple. Notamment parce que ma sœur et son mari vivaient une dure épreuve : mon beau-frère a eu en effet une auto-greffe précédée d’une lourde chimio et suivie d’une période d’aplasie. Il y a eu une grosse alerte, il a fait un choc septique une nuit, il est resté 3 jours en soins intensifs et nous avons eu très peur pour lui. La suite a été plus simple heureusement et il commence maintenant à reprendre des forces. On espère fort que cet acte lui permettra d’entrer en rémission et de gagner de l’espérance de vie en bonne santé. On sait déjà qu’on ne guérit pas de ce cancer mais on peut retarder l’échéance…

Début septembre, j’ai revu le Pr L. pour le rendez-vous post-op. Malheureusement, mes symptômes au niveau urinaire sont toujours là. Je souffre de dysurie mais personne n’a d’explication. Après appel de l’urologue, il laisse encore un peu de temps à mon corps pour se remettre et on refait le point début novembre. Mais je vais être bien occupée puisque entre temps, je dois refaire une IRM, une échographie et une hystéroscopie. Tout ça pour vérifier la cicatrice sur l’utérus qui semble vraiment couvrir une zone importante. Je n’ai pas eu la force de demander des nouvelles de mon ovaire droit (qu’on avait perdu au passage et qu’ils devaient avoir retrouvé pendant l’opération…) mais j’aurai des réponses très prochainement avec les examens. De toute façon, sans un utérus capable de supporter une grossesse, mon ovaire droit, je m’en tamponne carrément.

Au milieu de tout ça, j’ai fait ma rentrée dans un nouvel établissement. Sans aucun entrain et sans réussir à me réjouir de ce petit renouveau professionnel. Parce que pour rajouter un peu de bonheur à toute cette marde, nous traversons une bonne crise de couple avec mon Amoureux. Le spectre de l’annonce d’une possible stérilité pour moi ne doit sûrement pas aider… Mais bien entendu, il n’y a pas que ça et des problèmes anciens resurgissent. De ceux que j’avais voulu oublier pendant la PMA et que j’avais cru résolus.

Je ne voulais pas écrire un article geignard, encore un. Mais le contexte est difficile et seules me viennent des idées tristes. Alors, j’arrête là, je vous ai raconté tout ce qui mérite de l’être actuellement. Et j’espère revenir bientôt avec des nouvelles plus réjouissantes et un meilleur moral.

En attendant, je pense à vous toutes, très souvent. Même si je me fais discrète, le temps me manque souvent. Et je pense à toutes celles qui traversent ce genre d’épreuve avant d’avoir eu un bébé et je me dis que vraiment, je dois garder à chaque instant à l’esprit la chance incroyable que nous avons.

Mon corps, ce rebelle

Rappel de l’état des lieux à la sortie de l’hôpital : tout va bien, la vessie est sauvée et pour l’utérus, il faut attendre 3 mois avant de se prononcer.

Arrivée a la maison, je découvre dès mon premier passage aux toilettes que je ne sais plus me servir de ma vessie. Comme si avant je savais faire pipi mais plus maintenant.

Je mets bien sûr cela sur le compte de l’opération très récente qui a dû tout chambouler dans mon ventre. Wait and see.

Les passages aux toilettes deviennent une véritable galère : pour uriner, il me faut pousser sur mes muscles abdominaux, attendre, contracter encore, être patiente. Le jet sort en plusieurs fois, faible, interrompu régulièrement. Je mets presque 10 minutes à faire pipi, un vrai bonheur. Et quand je sors des toilettes, j’ai l’impression que je n’ai pas réussi à vider complètement ma vessie.

Ce matin, j’ai quand même décidé de partager mes aventures urinaires avec le Pr L. Je l’ai eu au téléphone, il a trouvé ces symptômes bizarres et m’a demandé de venir aux urgences en stipulant que c’était lui qui devait me recevoir.

Arrivée aux urgences à 14h30, il est venu immédiatement. Un pipi dans un bocal puis une écho plus tard, il y a bien une rétention d’urine. Mais d’où ça vient, c’est un mystère. Le toucher vaginal est normal. Ras à l’écho si ce n’est la rétention. Le pr E , urologue qui m’a également opéré est appelé. Il ne comprend pas, lui non plus.

La seule explication que les deux professeurs trouvent c’est que la vessie, qui a été écrasée et même desaxée par la masse doit maintenant reprendre sa place normale et que mon corps doit s’habituer aux nouvelles positions de mes organes. Comme cette opération est inédite, les suites le sont aussi !

Je dois retourner lundi pour faire le point sur mes symptômes. Si c’est mieux, on en reste là avec cette explication. Sinon, j’aurai une écho avec un spécialiste, encore un, puis un bilan urodynamique.

Si seulement mon corps pouvait arrêter de faire n’importe quoi…

Des nouvelles : opération j+4

Comme prévu, je me suis faite opérer lundi de ma masse à l’utérus qui n’a toujours pas de nom.

Je suis rentrée dimanche soir à l’hôpital, pendant que Paris tout entier (ou presque) criait de joie (coupe du monde oblige), je tremblais de peur. L’écart incommensurable entre le bonheur ambiant de ce dimanche soir et le cafard que je ressentais intérieurement était très troublant.

Je suis descendu à 9h au bloc lundi après avoir pris une douche désinfectante et avoir revêtu ma tenu de déesse. Je n’avais presque pas dormi de la nuit, un peu à cause des sifflets et klaxon mais surtout du stress. Quand j’ai expliqué à l’anesthésiste ce qui motivait cette opération, elle a sorti l’irm de mon dossier et m’a dit qu’en 35 ans d’expérience en salle d’opération, elle n’avait jamais vu ça. Comme aucun des autres médecins consultés.

J’ai ouvert un oeil vers 16h30 en salle de réveil. Littéralement puisque mon oeil droit me faisait tellement mal qu’il restait fermé. J’ai reussi a le dire à l’infirmière qui m’a mis du sérum physiologique pendant que je somnolais. Puis, le pr L. est venu me faire un rapide bilan : ils avaient bien bossé, finalement ils avaient pu rester en coelioscopie avec une mini laparotomie ce qui était assez inattendu.

Le reste de la soirée est tout embrouillé, je me souviens surtout que j’ai lutté pour donner des nouvelles à mes proches (3 minutes au téléphone m’ont coûté de gros efforts) et que je ne pouvais toujours pas ouvrir mon oeil droit. L’infirmière m’a expliqué que les yeux des patients étaient scotchés pendant les interventions (! Je l’ignorais complètement ! ) et qu’elle pense que cet oeil devait être un tout petit peu ouvert et donc complètement desséché. Cette histoire d’oeil est complètement accessoire mais c’est ce qui m’a fait le plus mal pendant les premières heures.

Le lendemain matin, j’étais un peu plus fraîche et je me suis aperçue que j’avais une sonde urinaire et des lunettes d’oxygène. Je n’avais rien mangé depuis le dimanche soir mais je n’ai eu le droit qu’à des choses liquides au petit déjeuner (thé et compote de pommes)

Le pr bis, urologue, est passé me voir, heureux de m’annoncer qu’ils avaient sauvé ma vessie.

J’ai eu un prélèvement de sang pour tester le taux d’hémoglobine, il avait un peu chuté mais ne justifiait pas une transfusion.

Le pr L est venu peu après et m’a annoncé qu’il était très content de l’opération – qui les a occupé 3 heures, que le plus important était de sauver la vessie. Pour l’utérus, il ne se prononce pas, la cicatrice est importante et il faut un délai de 3 mois pour en savoir davantage. Je dois repasser une hystéroscopie en octobre qui permettra de connaître l’état de la cicatrice. Il m’a demandé si je voulais sortir rapidement et ma proposé de sortir l’après midi même. J’étais tellement heureuse de rentrer que je n’ai pas réfléchi une seconde avant d’accepter.

Depuis, tout va plutôt bien. Mon ventre est gonflé mais les suites ne sont franchement pas douloureuses. J’ai un traitement contre les flébites pendant 15 jours (bas de contention + piqûres de lovenox). C’est tout.

Sauf que dans ma tête, c’est un peu complexe. J’ai du mal à identifier ce qui me colle un cafard pareil. Je n’ai envie de rien. Je me sens aussi très fatiguée. Et je pleure sans raison. Bien sûr, je pense que toucher à l’utérus est symboliquement difficile et puis le résultat définitif est encore suspendu et ça ne m’aide pas. Mais le retour à la maison, je le voyais tellement comme une délivrance, je ne comprends pas bien pourquoi je ne le vis absolument pas comme ça. Je pense aussi que la sortie très précoce y est pour quelque chose : je n’avais pas encore posé le pied par terre, j’avais une sonde urinaire et de l’oxygène par le nez mais on me parlait déjà de partir. Bien sûr, j’étais très heureuse de quitter si vite l’hôpital. Mais à bien y réfléchir, il a fallu enlever la sonde urinaire , la perfusion, l’oxygène, les pansements sur les cicatrices, m’aider à faire le premier lever. Au passage, je me suis évanouie en sortant de la douche, une infirmière est venue m’aider. J’ai ensuite avalé un repas (le premier vrai) le midi et je suis partie.

Arrivée a la maison, j’ai réalisé que je n’avais pas de consignes sur les soins des cicatrices, sur ce que je pouvais faire ou non, je ne savais pas si j’avais le droit de prendre des bains. Aucune consigne post opération…

Je n’en veux pas une seconde au pr L que je trouve très humain et que j’aime beaucoup. Je sais qu’il m’a fait sortir vite pour me faire plaisir. J’en suis persuadée. Il m’a vu avec mon tire lait, mon bébé loin de moi qui ne pouvait pas accéder à ma chambre (service interdit aux moins de 15 ans) et il a proposé cette solution qui était idéale sur le papier.

Si je le vis mal, c’est aussi que je suis ressortie comme si rien n’était, à devoir reprendre très vite le cours des choses. Et que dans ma tête ce n’est pas si simple : cette histoire m’a occupée pendant 8 mois, presque le temps d’une grossesse. Je ressorts de l’hôpital sans bébé et sans aucune certitude sur la santé de mon utérus. Mais avec une dépression du « post partum ».

Je me rends compte du ton geignard de cette article et je m’en excuse. J’ai eu une opération plus simple que prévue, des suites très faciles, de quoi pourrais-je me plaindre ? Mais mon moral est tellement bas depuis, je ne sais l’expliquer…