Ce 17 Août ( récit d’accouchement)

Ce récit est long. Je n’arrive pas à faire plus court et je me rends compte que de l’écrire me permet surtout de faire le point sur la fin de grossesse et l’accouchement. Je parle surtout de ce qui m’a marqué mais ce fut essentiellement un moment magique. Je l’avais si souvent rêvé !
Tout ça pour dire que vous serez bien courageuse(x ?) si vous arrivez au bout de cet article que j’ai écrit parce que j’avais besoin de coucher tout ça sur le papier et j’avais envie de le partager (au début de mon parcours, j’aimais beaucoup lire ce genre de dénouement !)

Attendre la venue de la ptite costaude a été un vrai bonheur. A partir de ses premiers vrais coups, l’angoisse – même si elle n’a jamais totalement disparu – a fait place à un bonheur profond de sentir ce petit être grandir en moi.
Jamais je n’en ai eu marre d’être enceinte, au contraire, j’ai essayé de savourer chaque minute de cet état si particulier en pensant que je n’aurai peut être jamais le bonheur de connaître une autre grossesse.

Pourtant, dans la nuit du 15 au 16 alors que je n’arrivait pas à dormir et que je ressentais quelques contractions douloureuses mais très irrégulières, j’ai eu envie que la grossesse cesse tout de suite et surtout de voir ptite costaude là, immédiatement. J’ai regardé mon agenda un long moment essayant de trouver des occupations pour tromper l’attente les jours à venir.

Le 16, des amis venaient nous voir avec leur petit garçon. J’étais fatiguée par ma nuit d’insomnie et je n’avais subitement plus envie
de voir du monde. Je rêvais d’une sieste, d’une journée calme.  Mon Amoureux a assuré cette journée là tant pour la préparation des repas que pour la conversation, moi j’étais un peu ailleurs, fatiguée.

Le soir, nous sommes allés faire un tour dans notre jardin, on aime beaucoup s’asseoir sur notre banc et regarder les etoiles. On parlait de ce qu’il restait à faire avant la naissance et on avait prévu quelques travaux de bricolage léger pour le lendemain.

Ce soir là, nous nous sommes couchés d’assez bonne heure, j’avais besoin de récupérer de ma nuit précédente. J’ai vite sombré dans un sommeil assez profond. Vers 6h du matin, le 17 août, je me suis réveillée, me sentant bizarre. J’étais fatiguée et me suis vite rendormie mais je ne faisais que de courtes périodes de sommeil, me reveillant sans cesse. Vers 7h30, je me suis levée, lasse de ses reveils incessants, je ne me sentais pas à l’aise dans mon lit. Avec mon livre, dans le canapé, je me sentais un peu mieux. J’avais quelques douleurs mais rien de regulier, je ne savais même pas si c’était associé à des contractions ou pas. Mon Amoureux est venue me voir à 8h30, il avait senti que le lit était vide et se demandait ce qu’il se passait. J’ai décidé de retourner un peu au lit avec lui, persuadée que ça allait passer (oui, on est des feneants, nous en vacances on se lève tard !)
Dans le lit, j’ai ressenti une contraction un peu douloureuse puis une seconde un quart d’heure après qui m’a poussé à me relever. Cette fois, mon Amoureux s’est levé aussi, tout réveillé d’un coup et en alerte : il s’est vite lavé, habillé et rase, il était convaincu que c’était le bon jour.
Moi, je me moquait de lui, des contractions j’en avais souvent ces derniers temps, elles finiraient par passer comme d’habitude !
Après un petit déjeuner léger, j’ai fait un peu de ballon et des exercices que ma sage femme m’avaient montré en me disant que ça aiderai peut être à rendre mon col plus favorable. Puis, vers 11h, j’en ai eu un peu marre de ces contractions que je pensais inefficaces alors j’ai pris 2 spasfons suivi d’un bain chaud. Dans le bain, je me sentais mieux mais les contractions etaient toujours presentes. Mon Amoureux a ce moment là a commencé à insister vraiment pour qu’on aille à la maternité. Je refusais sans cesse, lui disant que nous allions y aller pour rien, que c’était loin, que j’étais bien à la maison. Je me suis finalement décidée à sortir du bain à midi et j’ai immédiatement constaté que les contractions etaient bien plus douloureuses hors de l’eau et semblaient s’être pas mal rapprochées. J’ai donc accepté d’aller faire un tour à la maternité.

Le voyage a duré une heure puisque nous avons fait le choix de rester dans notre centre pma pour l’accouchement. Une heure un peu difficile puisque trouver une position confortable attachée dans la voiture n’est pas chose aisée. Mon Amoureux était un peu stressé, surtout vers la fin du trajet quand je soufflait de plus en plus fort à chaque contraction.
Nous avons été vite pris en charge arrivé à la maternité, une sage femme très douce est venue me voir. J’étais incapable de dire le délai entre deux contractions (j’ai dit 5 à 10 minutes alors qu’au monito, elles étaient toutes les 2 minutes) ni depuis combien de temps elles étaient régulières. A lexamen,  mon col était ouvert à deux doigts, c’était bien un début de travail, elle prevoyait une naissance dans la nuit. Elle m’a suggéré de faire un tour dans le parc et de revenir dans une heure. Après très peu de marche, les contractions ont gagnées en intensité. Il faisait un soleil radieux, assez chaud sans être insupportable. On s’est installés sous un arbre et je me suspendais à ses branches pendant les contractions. Quand nous sommes retournés dans le box des urgences, mon col s’était complètement effacé et ouvert à deux doigts larges. Elle nous a laissé tous les deux, on devait prochainement monter en salle de naissance. Rapidement, les contractions se sont rapprochées et ont encore augmenté en intensité. J’avais de plus en plus de mal à les supporter, je me suis installée par terre, accroupie, la seule position qui me semblait à peu près tenable. J’ai commencé à crier, mon Amoureux ne savait que faire, la sage femme ne revenait pas et les infirmières avaient beau l’appeler, nous restions seuls tous les deux à gérer. Cela a duré une heure et demi. Quand la sage femme est enfin arrivée, je n’avais plus de pause entre les contractions et je criais que je n’allais jamais y arriver. Devant elle, j’ai perdu une assez grosse quantité de sang, elle m’a alors examiné : mon col était à presque 5 et c’était lui qui saignait. J’ai enfin pu monter en salle de naissance mais les contractions sans repis m’épuisaient, je n’arrivait pas à arrêter de crier (glamour, dignité, tout ça quoi…)
J’aurai aimé pouvoir m’en passer, avoir un accouchement physiologique mais j’ai demandé la péridurale, je ne pouvais imaginer endurer ça une seconde de plus. L’anesthésiste est heureusement arrivé assez vite et le soulagement a été rapide. Peu de temps après le départ de l’anesthésiste, la sage femme est revenue, le monito indiquait que le rythme cardiaque de la ptite costaude ralentissait et mon utérus ne se relâchait plus. Malgré les bouffés de natyspray (un medicament sensé detendre l’utérus), celui ci restait dur comme du bois et ptite costaude ne le supportais pas. 8 personnels soignants ont envahi la salle de naissance, les anesthésistes etaient également presents, prêts pour la cesarienne. Cela a duré presque 10 minutes puis mon utérus s’est enfin relâché. Et la ptite costaude a retrouvé un rythme normal. A quelques secondes près, c’était la cesarienne.

S’en est suivi une periode plus calme bien que ptite costaude faisait souvent des baisses de rythme cardiaque sur les contractions. A 21h, changement d’équipe, la nouvelle sage femme me semble très bien, à l’écoute de nos desirs pour cette naissance. Je suis à dilatation complète depuis déjà une demi heure mais on attend que ptite costaude descende dans mon bassin. Mais vers 21h30, la sage femme revient nous voir, le rythme de la ptite costaude est trop bas et ne remonte pas, elle fatigue, il faut la sortir.
Elle est encore trop haute dans le bassin, on essaie des poussées pour qu’elle descende, il parait que je pousse bien mais ça ne va pas assez vite et on ne peut plus se laisser du temps. La sage femme appelle un gyneco et prepare les forceps pour sortir ptite Costaude au plus vite. En deux poussés avec l’aide des forceps, mon bébé sort de moi et je la vois, toute sale surgir entre mes jambe. Elle est si belle, on me la met sur moi immédiatement. Avec son papa, nous la découvrons et nous pleurons de joie d’accueillir enfin notre bébé après toutes ces années de souffrance. Nous lui parlons, nous l embrassons, c’est si émouvant de l’avoir sur moi.

C’est ensuite au tour du papa de faire du peau à peau : mon placenta est incomplet, il faut aller chercher le bout qui manque à l’intérieur (le bonheur de la révision uterine). Puis il faut encore recoudre l’épisode et reparer la déchirure (tant qu’à faire, autant prendre les deux !)

Je récupère notre ptite costaude, heureuse qu’elle ai pu rester un long moment avec son papa et aussi impatiente de pouvoir lui donner sa première tétée.

Nous avons ensuite passé deux heures et demi tous les trois dans la salle de naissance sans que le personnel vienne nous déranger. Nous en gardons un merveilleux souvenir, d’une grande douceur.

Ptite costaude, je t’ai si longtemps imaginé, si longtemps rêvé. Parfois, j’ai douté de pouvoir un jour avoir la chance de te tenir dans mes bras. J’ai eu si peur de ne jamais connaître ce bonheur. Et te voilà, parmi nous. Cela me semble encore irréel.

Ptite costaude est née !

Un petit post tout court depuis la maternité : ptite costaude est née mercredi (le 17 août) soir. Elle est merveilleuse et nous sommes des parents comblés.

Je pense fort à toutes les blogocops et au courage qu’il faut pour continuer comme pour arrêter ce parcours du combattant.