Quelques nouvelles

J’ai longuement hésité avant de publier cet article. J’ai longuement pensé aux copinautes coincées sur le quai depuis bien trop longtemps, à celles qui ont vécus des choses très difficiles récemment. Je suis par avance désolée de vous infliger un billet où je me plains d’angoisses que certaines rêveraient d’avoir. Je voulais donner des nouvelles, ne pas arrêter d’écrire maintenant. Et vous dire que je pense à vous toutes même si je suis beaucoup moins présente…

Cela fait un moment que je veux écrire mais sans y arriver. Je tourne et retourne ce que je pourrai écrire dans ma tête. Je ne veux surtout pas me plaindre, j’ai tellement de raisons d’être heureuse. Et en même temps, les angoisses m’oppressent. Impossible d’écrire LE mot. Je n’y arrive pas ; j’ai tellement peur que le bonheur nous soit repris.

Même sur vos blogs, je vous lis mais n’arrive plus à commenter. Il faut dire aussi que j’ai des nausées toute la journée (et des vomissements le matin – mais pas tout les matins, histoire de garder une part de stress et de suspens…). Je me sens à plat. Assurer mes cours est un vrai challenge et j’ai déjà dû quitter mes élèves précipitamment (les toilettes ne sont heureusement pas loin). Et quand je rentre, je n’arrive plus à rien faire. Je me mets dans le canapé et je dors. L’écran de l’ordi me soulève le coeur alors je limite le temps passé sur internet.

J’avais dit que ne me plaindrai pas mais, finalement, je n’arrête pas de le faire. Les angoisses sont toujours là, jamais loin. Je suis théoriquement à 9 sa + 4 (je vous fais partager mon obsession des chiffres !). Les dernières nouvelles de ptit costaud remontent à mardi dernier : je suis allée aux urgences de mon centre après une semaine de pertes marrons et de douleurs (parfois très vives) en bas de ventre.

J’ai eu le droit à (liste longue et exhaustive) : un pipi dans un gobelet puis un examen gynéco (avec confirmation des pertes de sang et prélèvement au niveau du col – on ne m’a pas dit pourquoi), une échographie où on a vu notre petit costaud avec son petit coeur qui bât qui nous a rassurée et émue. A cette écho, mon ovaire droit faisait 10 cm (lui aussi il grandit !) et il semble que c’est à cause de lui mes douleurs. Ensuite, une petite prise de sang et un deuxième pipi dans un flacon cette fois car ils avaient jeté le gobelet sans faire tous les examens (les boulets !).

Bref, il y a une semaine, tout allait bien si on excepte les pertes et les douleurs. Cliniquement, en tout cas, c’était rassurant. Et on nous a avancé la prochaine écho (l’écho officielle T1) au 3 février ce qui n’est pas plus mal vu mon état d’anxiété (ou de folie ? C’est quoi le mot juste ?). Depuis ce passage aux urgences, les pertes se sont arrêtées et c’est aussi assez rassurant. Pourtant, je ne peux m’empêcher de trembler en comptant les jours qu’il nous reste jusqu’au 3 février. Peut-être qu’après, je serai enfin un peu plus sereine (enfin, en admettant que tout aille bien) ?

Je profite aussi de ce post pour m’excuser auprès de mes copines du groupe d’envoi de cartes de voeux : je suis affreusement en retard. Je pense faire ça dans la semaine.

Et enfin, des pensées à vous toutes mes blogo-cops. Je pense à vous. ❤

 

 

Petit costaud

Journée étrange qui me laisse un peu déboussolée, inquiète…

Comme vous l’aurez compris avec le titre, à l’écho ce matin nous avons vu un petit costaud qui a bien grandi, en pleine forme (et nous avons entendu son coeur, moment magique). L’autre petit costaud n’a malheureusement pas évolué et son petit coeur s’est arrêté.

Nous avions deux gynécos pour nous lors de l’écho : celle qui était d’écho pour ce matin et celle qui nous avait vu la semaine dernière qui voulait avoir de nos nouvelles (nous l’appellerons Dr Douceur) . C’était rassurant de les avoir toutes les deux, elles ont pris le temps de bien regarder notre petit costaud qui selon elles va très bien. A la fin de l’écho, nous avons eu plusieurs infos : la suite des événements avec l’écho du premier trimestre le 10 février (que c’est loin !) ; l’inscription à la maternité à faire (pourquoi si tôt ?) avec le Dr Douceur qui nous suivra (si tout va bien) et elles nous ont dit que je risquais de perdre un peu de sang à cause du deuxième embryon qui n’évolue pas et que je ne devais pas m’inquiéter.

Nous sommes sortis heureux qu’un petit costaud aille bien et un peu triste que l’autre nous quitte.

Arrivée à la maison, je passe aux toilettes et… du sang… Pas beaucoup mais du sang rouge. Ca continue un peu depuis. Alors, on vient de me dire de ne pas m’inquiéter. Mais difficile d’être zen dans ces conditions. Et puis, à partir de quand je dois m’inquiéter ? Ca veut dire quoi un peu de sang ? L’écho a été faite en endo-vaginale cette fois et elle m’a un peu fait mal alors j’espère que ça peut être le col qui saigne… Je n’arrive vraiment pas à appliquer ce qu’elles m’ont dit : comment puis-je ne pas m’inquiéter ?

Je termine en vous remerciant pour votre soutien précieux qui m’aide tant à avancer. Et j’espère ne choquer personne avec cet article. Après le test positif, il y a encore tellement de passages à surmonter… Tant de difficultés… Nous sommes conscients de notre chance mais nous tremblons tant de tout perdre…

EDIT : ce soir, le sang s’est complètement arrêté. En espérant ne plus le revoir…

Des voeux à n’en pas finir

Voilà, une année de plus de passée. Une nouvelle page de tournée, un nouveau premier janvier avec son florilège de voeux qui peuvent être touchants mais qui souvent ont perdu leur signification. Dire : « bonne année » c’est un peu comme demander « comment ça va ? » . Souvent, on le fait sans vraiment y penser, parce que c’est l’usage, sans imaginer derrière ces mots ce que l’autre ressent.

En tant qu’infertiles, nous sommes frappés de plein fouet par ces voeux qui, même lorsqu’ils sont sincères, sont souvent malheureusement vains. On l’a tant vécu déjà. Combien de fois, depuis le début de notre parcours, plein de gens bien attentionnés nous ont souhaités une très bonne année alors que finalement, l’année qui a suivi a été très difficile ?

Je pense fort à vous toutes mes copinautes en ce début d’année 2016. Que vous soyez enfin montées à bord de ce train que vous avez tant attendu (et que vous trembliez encore de ce bonheur fragile), que vous soyez sur le quai glacé depuis tellement de temps que vous n’osez plus espérer voir un train s’arrêter pour vous, que vous ayez quittés le quai les bras vide et le coeur en miette après un parcours éprouvant. Je pense à chacune d’entre vous. Et, si je peux faire un souhait, c’est que vous réussissiez à trouver de beaux moments dans chacune de vos journées de cette nouvelle année. Car pour tenir le coup, les petits bonheurs très simples, que l’on ne voit même plus, sont souvent une bouée de secours pour se raccrocher à la vie.

téléchargement

La blogo entame une nouvelle année. Ce qui est sûre, c’est que la solidarité ne s’éteindra pas, elle est notre force.

Des bisous mes copinautes et merci d’avoir été là en 2015, merci de continuer à être là en 2016. ❤