Un jeudi tout pourri

Jeudi, j’avais rendez-vous à l’hôpital qui me suit pour une hystéroscopie. Cet examen, que le Pr L. et le Dc Célèbre jugeaient super important en vue de l’opération, je l’attendais depuis presque un mois. Le dernier à passer avant d’avoir mon Graal : les dates !

Autant dire que je suis partie jeudi matin pour mon périple (presque 5h de route aller-retour cette fois-ci) avec l’impatience d’en avoir fini avec cette phase d’attente.

Pour une fois je n’ai pas attendu, le Dr Hystéro m’a fait rentrer presque immédiatement. Pas le temps de cogiter, j’étais donc assez détendue en arrivant sur le fauteuil. Au début de l’examen, tout allait plutôt bien puis j’ai ressenti une douleur très très vive et une pression incroyable : il avait fait entré la caméra dans la masse à la place de l’utérus. Il a essayé ainsi plusieurs fois, entrant à chaque fois dans la masse et me provoquant des douleurs comparables à celle de l’accouchement. Je n’ai pas pu m’empêcher de gémir de plus en plus fort, puis de pleurer. Il a arrêté assez rapidement heureusement. Il m’a alors dit qu’il ne voyait pas comment je pourrais avoir une nouvelle grossesse après l’opération et qu’il ne prendrait même pas en charge une PMA parce que je mettrai ma vie en danger et celle du bébé (risque de rupture utérine pendant la grossesse). Il a téléphoné (je ne sais même pas à qui, je n’avais pas les idées assez claires pour le lui demander) en expliquant qu’il ne parvenait pas à entrer dans l’utérus, qu’il craignait de perforer la masse et que « la patiente était hyperalgique » ; ajoutant même que cet examen était selon lui inutile. Sur le compte-rendu, il a écrit exactement ça en précisant bien « pas de prise en charge AMP ». Et en indiquant que la quantité de sang dans la masse était très importante et qu’il y a ajouté du liquide en passant la sonde.

Je ne sais comment j’ai réussi à sortir de la salle d’examen, à remettre mes habits, à retourner porter le compte-rendu à la secrétaire du Pr L. tant la douleur était encore insupportable et tant j’étais anéantie par ses paroles. Je me suis écroulée sur la chaise de la secrétaire, incapable de bouger. Elle est allée présenter le compte-rendu au Pr L. et m’a indiqué qu’il me rappellerait le lendemain , après que mon dossier soit repassé au staff. Je lui ai demandé s’il était possible d’avoir un antalgique pour espérer pouvoir reprendre ma voiture et me taper les 2h30 de route dans les bouchons parisiens. Elle m’a heureusement accompagnée aux urgences de la maternité où une infirmière m’a donné des antalgiques et m’a permis de m’allonger quelques temps.

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Le lendemain, hier donc, j’ai eu le Pr L. au téléphone : il m’a expliqué que l’opération est compliquée et que c’est pour cela que les images ont été étudiées longuement au staff. Il a été décidé que l’opération sera faite par deux professeurs : lui-même et un professeur en urologie. Toutes les chances seront mises de leur côté pour avoir le meilleur résultat possible. Je ne sais pas encore la date précise de l’opération, ils doivent coordonner leurs agendas mais il m’a annoncé que ce sera courant juillet. Je le revois bientôt (sa secrétaire m’appelle lundi pour me fixer un rendez-vous) pour m’expliquer les modalités (durée du séjour à l’hôpital, etc…)

On en voit bientôt le bout et c’est la vision positive que j’essaie de retenir. Mais je dois avouer que je reste assez choquée par l’examen super douloureux et par les propos si pessimistes du médecin. Et assez inquiète pour la suite aussi. (et j’ai le droit de rajouter que je suis aussi bien embêtée de voir mes vacances se transformer en séjour hospitalier + récupération post op. ? Je sais que je suis prof mais les vacances d’été sont pour moi essentielles, ce sont elles qui permettent de recharger les batteries et de repartir avec de l’énergie pour affronter les collégiens à la rentrée…)

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Tout est pareil et pourtant si différent

Hier, je suis allée à mon centre PMA. Plus d’un an et demi s’était écoulé depuis notre dernière visite.

Je suis passé devant le couloir de PMA. Je suis retournée à la cafétéria. Ces endroits qui nous ont successivement vus plein d’espoir, plein d’angoisse, plein de tristesse et plein d’un bonheur tout nouveau à la toute dernière visite.

Tout était pareil. Les habitudes sont revenues immédiatement. Tout était identique et pourtant tellement différent. Les secrétaires ont changé, plus personne ne m’appelle par mon nom en vieille routarde que l’on a déjà bien trop vue. Je suis redevenue une anonyme dans cet endroit.

Le rendez-vous s’est déroulé dans un endroit très VIP puisque c’était au bureau du chef de service qui a une petite zone complètement à lui avec sa secrétaire perso. Quand on voir le nombre de médecins qui s’entassent à la pma, c’est du grand luxe.

Dr Célèbre s’est joint à la consultation du Pr L. comme prévu. Ils ont discuté entre eux et aussi avec moi, m’ont expliqué les enjeux (j’avais déjà bien compris) et les points sur lesquels ils porteraient leur attention, à savoir : préservation de la vessie et reconstruction de l’utérus avec une cicatrice assez solide pour supporter une grossesse et qui ne crée pas de zone dans lequel un cathéter de transfert irait buter. Ce sont les choses délicates à réaliser et s’ils ne peuvent me garantir un succès, ils sont tout de même confiants.

Pour être sûr de faire les bons gestes, ils veulent tous les deux que je passe l’hystéroscopie (prévu jeudi prochain). Peut être que la caméra ne pourra pas passer (la zone a une configuration très particulière) mais il faut essayer. Mon dossier doit passer en staff pluri-disciplinaire pour évaluer les meilleures techniques opératoires. Je sais déjà que ce sera une laparotomie puisque la masse à enlever est trop importante pour une coelio. Je les revoie après tout ça et j’aurai enfin une date d’intervention.

Dr Célèbre a pris du temps à la fin de la consultation pour m’assurer que je suis entre de bonnes mains et qu’elle fera tout pour que la suite soit la meilleure possible.

J’ai pourtant l’impression désagréable de ne pas avoir avancé… J’aime planifier, connaître les délais, avoir des dates. Et je n’ai rien de tout ça. Le temps me semble bien long. (et surtout, ne pas penser que même en cas de réussite, il faudra un an après l’opération avant de faire une tentative pma.)

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Donner-moi des dates, boreal ! 

Mais je suis quand même ressortie un peu rassérénée grâce à leur professionnalisme et leurs paroles rassurantes.  J’ai bien compris qu’il fallait attendre et que dans ce cas, connaître la situation avant d’opérer était très très important. (au passage, Dr Chic et son opération le 17 mai sans avoir fait d’autres explorations, ça leur a paru très très léger…)

Je vous dis donc à la semaine prochaine pour des nouvelles de l’hystéroscopie. Et merci à vous toutes pour votre précieux soutien qui me fait beaucoup de bien.

 

Vue de ma fenêtre

A mon tour de participer à cette chouette idée de Madame Ours.

Voici donc la vue apaisante depuis la fenêtre de ma chambre :

J’aurai aimé vous montrer les rhododendrons en fleur mais elles sont maintenant toutes fanées et puis, il faudrait vraiment se pencher pour les apercevoir. Pareil pour le magnifique chèvrefeuille malheureusement hors de vue.

On ne le vois pas sur la photo mais le potager commence à donner (haricots verts et surtout des dizaines de fraises que petite costaude cueille et dévore à longueur de journée)

Et je vous donne des nouvelles dans un prochain article de mon rdv de ce jour avec le dr Célèbre et le pr L. Ils sont top mais il faut encore des examens et des réunions entre eux. #çan’avancepas #resterzen

Le temps s’étire

J’ai l’impression d’être retournée en PMA. Je retrouve les mêmes sensations de perdre le contrôle des événements, j’ai de nouveau besoin de tout planifier, le temps semble à nouveau s’être arrêté.

Et encore, si c’était pour lancer une fiv j’aurai au moins l’espoir d’un bébé dans quelques temps…

Dr Célèbre, ma gyneco PMA qui nous a suivi pendant 3 ans, est géniale. Elle prend les choses en main, répond à mes mails dans la demi heure même le dimanche… Je suis tellement rassurée qu’elle s’occupe ainsi de mon problème.

Les dates des rendez vous ont été plus éloignés que je ne l’espérais. J’ai passé un premier examen – une simple echo mais avec un professeur spécialisé -jeudi et j’aurai dû attendre le suivant mi-juin avant d’en savoir davantage. Je désespérais d’attendre tout ce temps avec cette chose dans mon ventre.

Mais visiblement, cette écho va accélérer les choses : le professeur qui me l’a faite à très bien vu le problème et confirme le diagnostic. C’est un truc rarissime puisque lui non plus n’avait jamais vu ça. Et que d’ailleurs, ça n’a pas de nom. Il s’est montré très empathique et a répondu à mes questions. Il ne peut se prononcer définitivement sur une grossesse ultérieure à l’opération mais selon lui aussi, c’est mal engagé.

Il m’a fait un compte rendu très précis que je me suis empressée d’envoyer par mail à Dr Célèbre. Quand elle m’a répondu, il l’avait appelé pour lui donner des infos – j’imagine que ce sont des infos pas écrites sur le compte rendu et qu’il n’a pas dû me dire… Elle avait d’ailleurs, à la suite de cet appel, contacté la secrétaire du Pr L (chef de service gyneco obstétrique) pour qu’elle me donne un rdv urgent.

Au final, le 5 juin, je vois le Pr L et le Dr Célèbre au cours d’une même consultation. J’espère maintenant que la date de l’intervention sera fixée peu après ce rendez vous. Mais déjà, je pourrai avoir des réponses à mes nombreuses questions. Et savoir à quoi m’attendre dans les prochains jours/semaines. Planifier, savoir, contrôler. Tout ça me permet d’avancer sans trop imaginer le pire pour après…

Merci à vous toutes pour votre soutien si précieux pendant ces moments difficiles. Merci d’être là,de laisser des commentaires, d’envoyer même des messages pour certaines blogocop. La blogo est d’une solidarité incroyable qui me touche beaucoup.

Derniers rebondissements

Hier soir, j’ai reçu non pas un mais deux (non mais DEUX quoi, 2 !) appels du Dr Célèbre ! Après un silence de 10 jours pendant lequel je me suis dit successivement : – qu’elle était en week-end prolongé. – qu’elle ne se souvenait plus de mon mail. – qu’elle l’avait lu mais ne trouvait pas ça important. J’avais donc essayé de prendre de la distance, de me dire que je paniquais pour rien et que Dr Chic – le gynéco à côté de chez moi – pouvait donc sans doute réaliser l’intervention.

Mais non, rien de tout ça, son silence s’explique par le fait qu’elle voulait montrer mon dossier et les images de l’IRM au Professeur L. , chef de service de gynécologie obstétrique et que ce dernier était en colloque toute la semaine dernière et elle absente au début de cette semaine. Cette masse sur les images est plus qu’atypique, elle n’a jamais vu ça. Sauf sur des femmes qui arrivent d’Afrique et qui ont eu une césarienne dans des conditions déplorables. Ce qui n’est absolument pas mon cas, bien sûr. Elle ne comprend pas comment mon utérus a pu se déchirer ainsi et comment une telle masse a « poussé ».

Et donc, la prise en charge change du tout au tout, à l’APHP, on ne rigole pas :

  • elle me demande d’annuler l’opération du 17 mai que devait me faire le Dr Chic. C’est le Pr L. qui va m’opérer.
  • Avant ça, elle va me faire passer en urgence plein d’examens pour visualiser au mieux cette masse et mon utérus. (j’aurai les dates des examens lundi par mail)
  • Mon dossier va passer devant un staff pluri-disciplinaire. A la suite deça, j’aurai un rendez-vous avec le Pr L et elle-même.
  • L’opération se fera probablement à plusieurs mains (et têtes, j’espère !), sûrement elle et le Pr L et aussi un urologue pour préserver la vessie.

Un énorme poids s’enlève de ma poitrine. Je ne dormais presque plus tant l’opération à venir me faisait peur. J’avais l’impression qu’elle allait être pratiquée à l’aveugle et les enjeux (sauvegarder ou non l’utérus et la vessie) me semblaient bien trop importants.

Les enjeux restent les mêmes mais savoir qu’une équipe compétente s’en occupe me rassure vraiment.

Un grand merci à vous toutes pour votre soutien qui m’a beaucoup aidé. Et à bientôt pour la suite des aventures, donc !

Le kyste qui ménageait ses effets (pièce en 6 actes avec DNLP)

Je voulais écrire un article dans quelques jours pour raconter combien la blogo est formidable et combien le dernier article a aidé mon beau-frère. Il voit un grand ponte spécialiste des myélomes demain. Grâce à la blogo. Incroyable !

Mais voilà, mes idées sur l’ordre des articles de mon blog sont chamboulées par le besoin de vous parler de ce nouveau coup de DNL(très très grosse)P. Je vous invite dans mon petit théâtre :

Acte 1 : cabinet de gynécologie du Dr Chic, début décembre 2017. 

Dr Chic : Regardez l’image à l’échographie. Vous avez un kyste de 7 cm sur l’ovaire droit. Je vais vous prescrire une prise de sang, faites là immédiatement. Ce sont des marqueurs tumoraux. Si la prise de sang est bonne, on se revoit dans 3 mois pour contrôler. Il y a une chance pour qu’il disparaisse tout seul.

Pmavie optimiste : croisons les doigts alors !

Acte 2 : maison des Pmavie devant l’ordinateur, le lendemain.

L’Amoureux soulagée : ouf, les résultats viennent de tomber, tout semble bien. J’ai eu si peur. Ma mère a eu un cancer de l’ovaire et ça avait commencé comme ça. Je suis tellement heureux, ce n’est qu’un kyste !

Pmavie incrédule : Non mais ça ne pouvait pas être si grave quand même. Tu es un amour mais ne t’inquiète pas tant !

Acte 3 : cabinet de gynécologie du Dr Chic, début mars 2018. 

Dr Chic : Votre kyste est toujours présent. Il faudra un jour l’enlever mais ce n’est pas pressé. Vous avez mal ?

Pmavie : j’ai des douleurs qui reviennent régulièrement mais rien d’insurmontable. Par contre, depuis septembre je n’ai plus de cycle. J’ai bien des spotting léger de temps en temps mais rien d’autre. C’est lié au kyste ?

Dr Chic : non, votre ovaire gauche fonctionne, vous devez avoir des cycles. C’est dû à l’allaitement ce que vous constatez.

Pmavie dubitative : Avant septembre j’avais des cycles et j’allaitais pourtant…

Acte 4 : Maison des Pmavie, quelques jours plus tard, le téléphone sonne. Pmavie décroche.

Dr Célèbre : Bonjour Mme Pmavie, j’ai bien reçu votre mail. Pour préserver votre fertilité, le mieux reste de retirer ce kyste. Programmez l’opération avec Dr Chic. Et tenez-moi au courant. Ce serait peut être bien de passer une irm pour voir mieux ce kyste.

Acte 5 : IRM de ville Chic, fin avril. 

Manipulatrice : Voilà madame, l’examen est terminée. C’était un peu plus long que prévu ! Vous pouvez aller vous rhabiller.

Quelques minutes plus tard :

Manipulatrice : ça y est madame ? Le médecin veut vous voir rapidement !

Pmavie finit comme elle peut de se vêtir, prend ses affaires et se dépêche de rejoindre le bureau du médecin, le coeur un peu serré. 

Médecin de l’IRM : bon, asseyez-vous à côté de moi et racontez moi tous vos antécédents.

Pmavie raconte les IACs puis les FIVs puis la naissance de Petite Costaude. Et enfin, la découverte du kyste, la disparition des cycles et les douleurs pelviennes.

Médecin de l’IRM : Je ne sais pas si j’interprète correctement les images car c’est la première fois que je vois ça. Vous voyez cette grande zone grise ? C’est une masse reliée à votre utérus. Vos règles se déversent dedans depuis septembre à priori. Je vais appeler votre gynécologue.

Acte 6 : cabinet du Dr Chic, quelques jours plus tard. 

Dr Chic : l’image qu’on a vu à l’IRM change considérablement la donne. On ne sait comment est venue cette masse, vous deviez avoir une fragilité, une malformation peut-être de cette zone de l’utérus avant la grossesse. Après, le muscle était trop faible et a cédé, créant une sorte de hernie de 9cm qui se rempli de votre sang. C’est très très rare. Il faut l’enlever. Mais cette masse adhère à votre vessie ce qui rend les choses difficiles. Je vais essayer de préserver la vessie. Et aussi de reconstruire votre utérus mais je ne peux vous garantir de réussir. Prévoyez une cicatrice un peu comme pour une césarienne et une hospitalisation d’au moins 3 jours ensuite.

Pmavie effondrée : Mais alors pour une autre grossesse, c’est compromis ?

Dr Chic : Oui, malheureusement. On en saura davantage après l’intervention.

Voilà où on en est. L’opération est prévue le 17 mai. J’ai demandé l’avis du centre pma, pour le moment je n’ai pas de réponse. J’espère en avoir une avant l’échéance. Et en attendant, je regarde ma petite Costaude avec une infinie reconnaissance de sa présence, de ce cadeau qu’elle nous a fait de venir jusqu’à nous. Elle restera peut-être l’Unique, il faudra sûrement lui expliquer pourquoi. Et je sais que j’ai du chemin à faire avant de l’accepter.

 

La relativité des choses

Hier midi, ma soeur m’a envoyé un texto : « J (son mari) descend en cancérologie. Les médecins ont dit que c’est un cancer incurable. » 

Depuis une semaine, il était hospitalisé. Ca a commencé il y a deux mois par une douleur au dos qui ne passait pas. En début de semaine dernière, il a passé un scanner et une prise de sang. Au scanner, on lui a trouvé une fracture vertébrale. A la prise de sang, les résultats étaient tellement hors norme que son médecin l’a appelé pour lui dire qu’il allait être hospitalisé. 

Depuis, on attendait les résultats des examens. En espérant que ce ne soit pas trop grave. Pas ce qu’on redoutait. Mais, oui, c’est bien un myélome (cancer de la moelle osseuse), de stade 3 (le plus grave). 

Et c’est fou ce qu’on relativise tous nos problèmes quand on apprend une nouvelle pareille. J’essaie d’être très présente pour elle, je me force à trouver des mots, à accompagner au mieux. Car l’expérience de la pma nous apprend que rien n’est pire que le silence et l’éloignement des proches. J’envoie également des messages à J , en espérant ne pas écrire des choses qui lui semblent complètement à côté. Mais comment parler avec une personne qui se sait condamné ? Il parle d’euthanasie et semble baisser les bras d’avance. On ne peut que le comprendre… Alors, je continue à être présente car je sais combien c’est important de continuer à exister, puisque c’est la vraie question, au moins dans le regard des autres… 

Je sais que prochainement, je devrais aider ma soeur à faire son deuil. Elle se prépare et me dit parfois penser à lui comme s’il était déjà mort. Cette période, où l’on sait que le pire est à venir mais que l’être aimé est quand même encore là, doit être extrêmement difficile à gérer. Je ne peux que l’imaginer. Comme les proches quand on essaie désespérément de faire un enfant ne peuvent qu’imaginer notre tristesse. J’espère pouvoir l’aider un peu, avec des mots sûrement mal choisis, parfois certainement en étant maladroite. Mais être là, pour elle, toujours. 

Les aventures continuent !

Comme prévu, j’ai revu vendredi Dr Chic pour la programmation de l’opération du fameux kyste . Je vais subir une cœlioscopie le 17 mai qui peut se transformer en laparoscopie si jamais ce qu’on voit à l’intérieur de moi est encore plus moche que prévu. Mais ça n’arrivera pas, bien sûr ! (Surtout, ne pas penser aux statistiques, on ne les a jamais eu avec nous)

Rien de particulier concernant l’opération en elle-même qui ne m’angoisse pas, je suis contente que ce soit en ambulatoire : je vais retrouver ma petite costaude le soir même.

Non, ce qui m’angoisse vraiment c’est la quantité de tissu ovarien qu’il restera après l’intervention. S’il en reste puisque Dr Chic a été honnête, il se peut qu’il doive enlever l’ovaire complètement.

Une autre angoisse qui est un peu liée : que se passe-t-il si mes cycles ne reviennent pas après l’intervention ? Et mes douleurs, si elles persistent ? Je mets tout sur le dos du kyste et je pense être dans le vrai mais Dr Chic n’est absolument pas catégorique sur ces deux éléments. Pour lui, les douleurs ne sont pas forcément liées au kyste puisque quand il appuie dessus avec la sonde, je n’ai pas mal. En fait, mes douleurs ne sont absolument pas continuent (et heureusement d’ailleurs !) mais j’ai quelques épisodes de douleurs vives, à devoir rester coucher ou marcher penchée en avant quand je n’ai pas d’autre choix que d’être debout. La classe !

Et puis, mes cycles sont vraiment inexistants. J’ai bien des saignements (genre spotting léger avant les règles) mais rien d’autre. Mais c’est à ce moment-là que les douleurs sont le plus vives.

Je ne sais plus que penser et j’ai un peu peur de me faire opérer « pour rien » : si ça ne solutionne pas mes problèmes, à quoi bon ? J’ai même eu des doutes sur les compétences de Dr Chic : « pfff, c’est pas possible son avis, il n’y connait rien ! ». Mais j’avoue que moi non plus je n’y connais rien, j’ai juste un corps qui fait n’importe quoi, j’ai mal et j’ai l’espoir que retirer mon kyste me rendra mon corps (certes infertile mais pas douloureux et doté de cycles) d’avant…

Alors si jamais une copinaute qui passe par ici a un avis, je serai ravie de le lire. J’ai même pensé à de l’endométriose mais il semble que le kyste ne corresponde pas (les marqueurs tumoraux sont bons et visiblement le CA 125 est anormal en cas d’endométriose)

DNLP, lâche-moi !

Je vous avais laissé avec cette histoire de kyste sur mon ovaire droit qui m’avait fait croire un instant à un gertrudage en kidnappant mes cycles.

Je devais laisser passer 3 mois en croisant les doigts pour qu’il disparaisse. Ce qui me préoccupait au premier plan c’était cette histoire de cycle qui revenait pas (enfin, ça ne veut pas dire pas de sang cette histoire mais des pertes de sang complètement aléatoires sans vraies règles).

Le rendez-vous de contrôle a eu lieu la semaine dernière avec Dr Chic (le lieu, le cabinet, la déco sont chics d’où son surnom), mon nouveau gynéco de proximité. Il m’a annoncé la persistance de ce fichu kyste sitôt la sonde glissée entre mes jambes. (glamour toujours !) C’est un beau kyste joufflu, de 7 cm, avec son organisation interne : des végétations qui semblent bouger sous la sonde et qui ferait presque penser à une bonne nouvelle.

Dr Chic m’explique que c’est un kyste organique qui ne partira pas tout seul, un jour ou l’autre, il faudra aller le chercher. Il se préoccupe d’éventuelles douleurs que je pourrai ressentir ; effectivement j’ai parfois mal du côté droit du ventre mais ça reste quand même assez supportable. Pour lui, l’opération n’est pas pressée et il me signale qu’il essaiera de préserver ce qu’il peut de mon ovaire droit mais qu’il est possible qu’il enlève l’ovaire entier. Ça dépend de ce qu’il trouve… Je ne sais que penser mais je lui rappelle alors mes cycles inexistants mais il balaye cet argument d’un revers de main : c’est dû à l’allaitement (j’allaite encore Petite Costaude qui a 18 mois). Sur le moment, je ne trouve rien à dire et lui, continue. Il est d’avis que je dois arrêter l’allaitement pour voir si mes cycles reprennent puis on verra à quel moment on enlève ce kyste selon les douleurs que j’ai. Je me souviens d’un coup que cet été, j’avais des cycles courts, merdiques mais des cycles et Petite Costaude tétait tout autant voire davantage. Mais ça ne remporte pas son adhésion, je sors de son cabinet avec pour consigne de reprendre rendez-vous pour faire le point sur mes douleurs quand je veux.

Je suis assez abattue en rentrant chez moi : comment est-ce possible que mes cycles disparaissent d’un coup ; qu’on s’aperçoive de la présence d’un kyste à ce moment là mais que les deux événements ne soient pas liés.

Je me dis qu’il me faut un autre avis, une copinaute (qui se reconnaîtra, la solidarité blogo – pma est quand même géniale 💕) me donne le nom d’une super gynéco avec qui je prends rendez-vous.

Je me renseigne aussi sur l’excellent cycle de la leche league concernant le lien entre l’allaitement et la disparition des cycles et je trouve rapidement une réponse : une fois le retour de couche, les cycles peuvent être plus long mais il sont théoriquement présents. Dr Chic m’avait parlé du taux de prolactine qui bloquerai mon corps, mais visiblement, au stade où j’en suis la prolactine des mamans allaitantes est la même que celle des autres femmes.

J’ai aussi l’idée d’appeler mon centre pma (je ne sais pas si j’y retournerai, Mon Amoureux ne veut plus en entendre parler…) et dc Célèbre en personne m’appelle pour me conseiller : oui, c’est surement le kyste qui bloque mes cycles, c’est des symptômes typiques et il faut l’enlever assez rapidement, avant qu’il ne crée une inflammation autour de lui ou autre dégâts. Pour elle, l’enlever est la meilleure façon de préserver ma fertilité. Elle me conseille de demander une irm pour préciser de quoi est fait ce kyste puis de me faire opérer avec le Dr Chic. Et de lui faxer le compte rendu opératoire. Dr Chic est quand même un chic type puisqu’il a accepter toutes les consignes, en se rangeant immédiatement à l’avis du Dr Célèbre.

J’ai été réellement contente d’avoir eu l’avis d’une pro sur mon problème (qui reste un problème de riche…) et je lui fais confiance.

Je vais sûrement annuler le rdv pour avoir un second avis (qui serait en fait le troisième, pour un simple kyste, ça commence à être un peu trop…). Mon prochain rendez vous sera le 7 avril pour fixer la date de l’opération et je passe une irm le 25 avril. Je n’ai pas repris la pma mais ça y ressemble un peu !

j’ai quand même du mal à avaler cette nouvelle saleté de DNLP. Au mieux,je vais perdre du tissus ovarien, au pire mon ovaire droit. Mais comme on est des dieux de la fertilité Mon Amoureux et moi, ça va le faire ! 😂😧

DNLP est blagueuse…

[Auto – spoiler on  :  Pas de gertrudage dans ce post, ni de MILK, vous pouvez lire tranquille et venir blaguer avec DNLP ! Auto – spolier off]

Même si cela fait un long moment que je ne suis pas venue et que je ne commente presque plus, faute de temps, faute de mots qui consolent aussi, je viens partager avec vous la dernière idée tordue de DNLP.

Depuis un moment, mes cycles font n’importe quoi. Mais vraiment n’importe quoi, du genre, en septembre, j’ai eu 3 fois mes règles. Avec une moyenne de 15 jours pour un cycle, de toutes façons, j’étais toujours soit en spotting avant règles soit en fin de règles, soit en plein dedans… Et j’en avais un peu marre sans pour autant avoir le courage d’aller voir un médecin.

Et puis en octobre, rien… Pas de sang. Ou quelques traces parfois. Mais pas de règles. Au bout de 3 semaines, je me fais des films. J’imagine que j’ai Gertrudé… Je n’arrive pas à m’enlever cette idée de la tête. Ça m’obsède. Début novembre, je fais un test : négatif. Grosse claque. Je suis triste et je m’en veux : Comment ai-je pu croire qu’un gertrudage soit possible avec des cycles aussi merdique ? Avec tout ce qu’on a traversé avant ?

Ça me peine tellement que je prends dans la journée même rendez vous avec un gynéco, je veux savoir pourquoi mon corps fait n’importe quoi. Et je veux Gertruder aussi bien sûr. Je ne connais aucun gynéco près de chez moi et le centre pma est beaucoup trop loin, j’en choisis un au hasard sur internet en regardant les avis sur Google map… J’ai un peu honte mais bon…

Mercredi dernier, me voilà donc en train d’attendre chez ce gynéco  (à qui Google donne 5 étoiles, quand même ! ) , la salle d’attente (pourtant très différente de celle de la pma)  me rappelle des souvenirs… Ça ne m’avait pas manqué, ces moments perdus à pianoter sur le portable ou à bouquiner dans un endroit pas vraiment hygge.

Je me présente avec mon gros dossier complet, on ne sait jamais, mais finalement, les comptes-rendus de ponctions ne l’intéressent pas. Je lui explique ma petite histoire et il propose de me faire une écho pour voir ce qu’il en est. Le médecin est comme google a dit, très pro, sympa et délicat, je me déshabille tranquillement dans une pièce à part et le fauteuil dans lequel je m’installe pour l’examen est d’un confort rare.

L’écho endochattale me rappelle bien des souvenirs aussi, ça faisait vraiment longtemps… (2 ans en fait mais pour nous autres pmette, c’est incroyablement long ! )

Très vite je comprends qu’il y a un truc qui ne va pas. Dans l’écran énorme devant moi (il fait des échos de grossesse le bougre), je vois mon utérus puis, là où devrait être mon ovaire droit, une grosse masse qui ne ressemble pas à un ovaire sur lequel il s’attarde. Il me dit qu’il va d’abord observer l’ovaire gauche finalement. Tout va bien de ce côté là. Il revient à droite, fouille, prend des mesures, regarde encore, met le Doppler. Il finit par me dire que j’ai un kyste de plus de 7 cm sur l’ovaire droit, qu’il y a des images qui montrent des végétations dedans… Et qu’il faudra peut être l’enlever.

Il me prescrit une prise de sang à faire en urgence : soit les marqueurs sont corrects et on fait le point dans 3 mois, soit ça ne va pas et il m’appelle pour fixer une date d’intervention dans les jours qui viennent.

Bizarrement, je ne m’inquiète pas plus que ça, je ne lui demande pas de quels marqueurs il parle, je prends l’ordonnance et rentre à la maison, dépitée de voir mes chances de Gertrudage encore plus compromises que je ne le pensais.

C’est l’Amoureux qui réagit : sa mère est décédée d’un cancer des ovaires. Mon histoire de kyste et de marqueurs lui font penser à ça. Il prend mon ordonnance et googuelise : très mauvaise idée… C’est en effet bien des marqueurs du cancer que je dois tester !

On s’est fait peur une soirée et une demi-journée avant d’avoir des résultats rassurants. Et le soulagement a été à la hauteur de l’angoisse ! Mon Amoureux a été parfait, le pauvre s’est tant inquiété.

Reste maintenant cette histoire de kyste qui doit se résorber. Sinon, il va falloir aller le chercher. Et mon Gertrudage, c’est pas pour maintenant, hein !

P.S : j’ai conscience de la chance immense que l’on a avec notre Petite Costaude. C’est en demander beaucoup que de vouloir encore connaître cet immense bonheur. Je pense toujours beaucoup à vous, copinautes encore à quai ou les bras définitivement vides. La vie est tellement injuste ! Encore une fois, les mots me manquent et j’ai peur d’être maladroite, alors si toi qui me lit, tu es désespérée ou juste triste ou lasse, sache que je connais ces sentiments. Et que je suis triste de ne pouvoir t’aider. Et que j’aurai une pensée pour toi, surtout le soir redoutée où tout autour de nous n’est que joie, famille et amour. Mille pensées même…